Archives de catégorie : Méditation

Prière œcuménique

Prière pour être un

Heureux ceux qui se savent pauvres en eux-mêmes : Père, le chemin du dialogue avec mon frère et ma sœur en Christ est souvent décapant. Aide-moi à recevoir avec humilité les dons spécifiques que Tu as fait à chaque Église.

Heureux ceux qui pleurent : Père, je reconnais tout le mal que les croyants de ma tradition ont pu faire par le passé, mais aussi tout le mal que je fais encore aujourd’hui au nom d’une idée exclusive de ma foi ou des caricatures que je me fais des autres. Pardonne-moi.

Heureux ceux qui sont doux : Père, les doux sont ceux qui ne s’imposent pas. Accorde-moi cette douceur œcuménique qui n’est pas une démission, mais qui laisse de la place aux autres.

Heureux ceux qui ont faim et soif de vivre comme Dieu le demande : Père, ai-je faim et soif de vivre comme Tu me le demandes ? Surtout lorsque Tu me dis : « Soyez un, comme Je suis est un. » Lorsque je me crois repus, creuse en moi tout à nouveau cette faim et cette soif de communion.petition

Heureux ceux qui ont de la compassion pour autrui : Père, tu le sais mieux que quiconque : compatir, c’est « souffrir avec ». Suis-je prêt à « souffrir avec » mon frère et ma sœur d’une autre confession pour ce qui le blesse ou de pleurer avec lui pour ce monde que tu as tant aimé ?

Heureux ceux qui ont le cœur pur : Père, que mon cœur ne soit pas le centre de ma vie. Aide-moi à penser d’abord aux autres, à ceux qui m’entourent, à mes frères et sœurs dans la foi, à mes frères et sœur en humanité et au monde.

Heureux ceux qui créent la paix autour d’eux : Père, la paix c’est davantage qu’une absence de conflit. Elle est plénitude de vie, elle donne une juste place à chacun. Je veux accueillir en moi Ta paix pour qu’elle puisse s’étendre à tous ceux qui m’entourent.

Heureux ceux qu’on persécute parce qu’ils agissent comme Dieu le demande : Père, je suis blessé parce que le monde Te rejette. Même si c’est difficile, aide-moi à persévérer avec mes frères et sœurs dans la foi sur le chemin d’un témoignage commun pour Ta seule gloire.

Amen

sw

Pâques, entre ouverture et bouleversement

Au lever du soleil, le premier jour de la semaine, le premier dimanche de tous, trois femmes sont bouleversées. Elles se rendaient rendre les derniers hommages à un mort. De grand matin, alors qu’elles allaient embaumer le corps d’un crucifié, avec des soucis d’ordre pratique, elles trouvent un tombeau vide. Elles réussissent à accomplir ce qui les inquiétait : elles entrent dans le tombeau. Mais leur projet, marqué par la piété et l’amitié, est interrompu. Au lieu du corps d’un crucifié, elles trouvent un messager de lumière. Elles sont confuses et déroutées.

Une nouveauté les attend, qui dépasse leurs prévisions. Un événement fait irruption dans leur histoire et la nôtre. Le crucifié, et il s’agit bien de Jésus de Nazareth, n’est pas là. Il est ressuscité. Message incompréhensible, bouleversant, qui suscite en elles une crainte sacrée, qui les met hors d’elles-mêmes et qu’elles n’osent encore transmettre.

Mais l’annonce dit encore plus. Ce Jésus, absent du tombeau, est présent quelque part, ailleurs qu’en cet endroit. Il peut être vu mais en un autre territoire où lui-même les attend, nous attend. En cette terre où il a donné rendez-vous à ses disciples, hier comme aujourd’hui. Dans cette Galilée où la Bonne Nouvelle du Règne de Dieu a été proclamée, où des pêcheurs ont été appelés au bord du lac, où des vies humaines ont été relevées, où des paroles lumineuses ont été semées.

Galilée du compagnonnage sur la route, des rencontres surprenantes et des discussions éclairantes, des jours ordinaires et des moments forts. Galilée des premiers bouleversements, des premières ouvertures, où des hommes et des femmes, des blessés et des bien-portants, des corrects et des marginaux, des enfants et des adultes, ont perçu que la vie pouvait être différente, qu’un bonheur était offert, qu’une espérance pouvait habiter le cœur et le soulever, le relever, le ressusciter.

Galilée en nos quartiers et de nos maisons, en nos rues et de nos carrefours, en nos chambres secrètes et nos cuisines en désordre. Galilée des ouvertures et des bouleversements, quand nos projets et prévisions sont bousculés, quand des obstacles s’écartent, quand des paroles et personnes nous révèlent une lumière insoupçonnée, incroyable.

Comme ces premières témoins, les deux Marie et Salomé, nous avons le droit d’être déboussolées un temps, de laisser l’événement et sa nouveauté radicale entrer peu à peu en nous, pour nous faire sortir de nos tombeaux. Pour un jour pouvoir annoncer, joyeusement, par-delà et à travers nos saints effrois, le mystère qui nous dépasse et nous transforme : Christ est ressuscité, Alleluia! Il est vraiment ressuscité.

D. Cadrin