L’orgue

Sans la générosité de Monsieur HEROLD, banquier suisse ayant résidé plus de 35 ans au Raincy et membre de la Communauté, le Temple n’aurait jamais eu l’image que des générations ont connue, puisqu’il a fait don à la Paroisse, pour le vingtième anniversaire de son mariage, des boiseries, des cloches, des vitraux et de l’orgue.

L’orgue est l’oeuvre de Joseph MERKLIN, facteur de renom à Paris et à Bruxelles. Celui-ci est né le 17 février 1819 à Oberhausen, dans le pays de Bade, en Allemagne. Il acquit la nationalité Française après la guerre de 1870. Il construisit de nombreux orgues en Alsace, entre 1860 et 1878, et notamment l’orgue d’Obernai qui fut le plus important mais aussi le dernier orgue qu’il réalisa.

L’orgue fut inauguré le 9 avril 1899 : ce jour là fut joué un choral de Luther, en présence de Monsieur CLEMENCET, Maire du Raincy, et de Monsieur RUCH, Maire de Gagny, ainsi que des délégations des Pasteurs des Eglises Luthériennes et Réformées.

Cet instrument est vénérable. D’abord par son âge, puisque son centenaire a été fêté en 1999. Il l’est aussi par sa longévité, qui atteste une bonne facture de départ. Il l’est encore par son caractère symphonique.

Une des particularités de cet orgue est sa traction pneumatique.

Ce système datant de la fin du 19em, permet la transmission des commandes de l’organiste vers les soupapes qui à leur tour commandent l’admission du vent dans les tuyaux sonores et donc la production du son. A l’origine la soufflerie  était actionnée à la main par une assistance ici sur le côté de l’orgue. Il fallait pomper! Maintenant la production du vent  est confiée à un ventilateur électrique. Pour des raisons de température et d’hygrométrie il convient que l’air soit aspiré dans le même environnement que l’orgue qu’il alimente. Le soufflet a pour fonction d’établir une pression de vent constante.

Il ne faut pas oublier le sommier qui est le cœur de l’instrument. C’est lui qui fournit l’air sous pression aux tuyaux sonores en fonction des touches actionnées et des registres sélectionnés  par l’organiste

La tuyauterie est de très belle qualité, ainsi que la traction pneumatique qui fera certainement l’admiration des siècles futurs, si toutefois on a la sagesse de la conserver. L’orgue a fait l’objet d’un « relevage » en 1989, par Jean-Marc CICCHERO et ses compagnons, sous la direction experte d’André ARCELLASCHI. Cette opération s’est réalisée « à l’identique », sans ajouts, sans modifications, sinon le remplacement du ventilateur électrique particulièrement fatigué et bruyant.

Composition de l’orgue symphonique du Temple du Raincy

Neuf jeux répartis sur trois claviers : 2 claviers manuels (56 notes) et 1 clavier de pédale (30 notes).

I- Clavier de grand-orgue : Montre 8. Flûte harmonique 8. Prestant 4. Bourdon 16.

II- Clavier supérieur : Récit. Bourdon 8. Viole de gambe 8. Voix Céleste. Flûte 4. Trompette harmonique 8.

III- Clavier de pédale : Bourdon 16 (emprunté au grand-orgue)

Transmission pneumatique. Double registration.

Pédales :

  • Tirasse grand-orgue. Tirasse Récit. Accouplement des claviers manuels
  • Pédale centrale à bascule d’expression du Récit.
  • Pédale Orgue-à-la-machine. Pédale combinaisons. Pédale tremblant

Quelques mots sur la traction pneumatique :

 Cette technique de transmission fut en son temps une petite révolution sur laquelle on fonda beaucoup d’espoir, et les orgues qui en sont pourvus sont un témoignage d’une époque. Elle permit beaucoup plus de flexibilité dans le positionnement des consoles par rapport aux sommiers, par exemple une distance plus importante, ou un retournement aisé vers la nef que ne permettait pas forcément la traction mécanique. Elle permit également d’introduire des combinaisons permettant une registration plus facile, par exemple par le principe du double registre. Cependant bien que facilitant le jeu, ce type de transmission nécessite un réglage très précis car il est facilement instable.

Il faut enfin signaler la très belle qualité de la tuyauterie de cet orgue.

photos015