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La
Réforme
La Réforme protestante n'est pas le seul mouvement de renouvellement
de l'Église. Elle se distingue cependant des autres mouvements
de réformes par son ampleur, sa rupture avec l'Église
de Rome et ses implications politiques et sociales. Si les précurseurs
sont nombreux (vaudois, hussites...), on parle généralement
de Réforme ou de Réformation pour désigner
le courant religieux suscité par les écrits de Luther
à partir de 1520 en Allemagne, par ceux de Zwingli en Suisse
et de Calvin en France. Ce courant se répand rapidement dans
toute l'Europe. En Europe du Nord, de nombreux princes et dirigeants
adoptent le luthéranisme qui devient religion officielle.
La plupart des Églises luthériennes adoptent la Confession
d'Augsbourg, rédigée en 1530.
En France, le premier synode réunissant les Églises
réformées en 1559 adopte la Confession de foi dite
Confession de foi de La Rochelle.
En Angleterre, la Réforme prend une forme spécifique,
l'anglicanisme. D'autres mouvements plus radicaux, tels les anabaptistes,
refuseront les liens avec l'Etat ou les institutions. Toute religion
inscrite dans la durée est appelée à connaître
un processus de "formation, déformation, reformation".
D'où l'idée d'une Réforme protestante permanente,
qui explique, par exemple, le renouvellement intervenu au XXème
siècle.
L'Edit
de Nantes
En France, le protestantisme rencontre très vite l'opposition
du pouvoir royal. Les premières persécutions ont lieu
en 1534. Après l'échec du colloque de Poissy, en 1561,
catholiques et protestants s'affrontent dans des combats meurtriers.
"Après 36 ans d'affrontements, Henri IV signe le 30
Mars 1598 l'Edit de Nantes qui rétablit la paix religieuse
en France. Pour ce faire, l'ancien chef du parti protestant a dû
s'imposer comme l'héritier légitime de la couronne
(1589), se convertir au catholicisme (1593) et négocier pied
à pied avec les camps en présence. Les 92 articles
(complétés par de multiples articles particuliers)
reprennent l'essentiel des dispositions d'Edits antérieurs
promulgués au fil de trêves sans lendemain.
D'un côté, l'Edit reconnaît l'existence de la
"Religion Prétendue Réformée" - qui
n'est plus une hérésie promise au bûcher - avec
une liberté de culte limitée mais assortie de garanties
militaires et judiciaires. D'un autre côté, la suprématie
du catholicisme est rétablie dans tous ses aspects : l'Edit
fige la situation minoritaire du protestantisme, sanctionnant à
jamais l'échec historique du passage de la France à
la Réforme. Un tel compromis ne put être accepté
que parce qu'il rétablissait l'unité et l'indépendance
du royaume menacées par l'Espagne sans oublier la sécurité
retrouvée".
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